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La trufficulture

La trufficulture consiste Ă  cultiver des arbres infectĂ©s par la truffe, c’est-Ă -dire mycorhizĂ©s (porteurs des mycorhizes de la symbiose).

Cette culture, qui dĂ©bute par la plantation sur un sol calcaire (pH proche de 7,8, aĂ©rĂ©, drainant, dotĂ© d’une bonne activitĂ© biologique), consiste Ă  maintenir de bonnes conditions de dĂ©veloppement de l’arbre mycorhizĂ© jusqu’à ce que la production commence puis se maintienne.
Les travaux du trufficulteur portent sur :

La plantation d’arbres mycorhizĂ©s

La plantation est effectuĂ©e sur un terrain qui rĂ©pond aux exigences Ă©cologiques de la truffe, c’est-Ă -dire en tenant compte des facteurs favorables aux niveaux du sol, du microclimat (altitude, exposition), de l’environnement (prĂ©cĂ©dent cultural, chĂȘnes autour de la parcelle).

Pour la production du Tuber melanosporum, on privilĂ©giera : le chĂȘne pubescent et le chĂȘne vert.

D’autres chĂȘnes sont parfois employĂ©s :

  • le chĂȘne pĂ©donculĂ©,
  • le chĂȘne chevelu,
    le chĂȘne kermĂšs,
  • le chĂȘne liĂšge.

Les plants mycorhizĂ©s sont contrĂŽlĂ©s par l’Inra et le Ctifl.
Pour la production du Tuber aestivum / uncinatum, le noisetier commun et le charme sont appropriés.

Les jeunes arbres sont plantĂ©s principalement Ă  partir du mois de fĂ©vrier et jusqu’en mars ou avril. Il convient de les protĂ©ger contre les ravageurs (chenilles, sanglier, chevreuil) et les maladies du feuillage (oĂŻdium).

L’arrosage est indispensable à la reprise des arbres.

Entretien du sol

Lorsque la plantation commence Ă  produire la mĂ©lano, l’entretien du sol consiste Ă  aĂ©rer celui-ci en mars et avril de façon Ă  favoriser son aĂ©ration et Ă  faciliter la croissance des truffes.

Si l’herbe tend Ă  se dĂ©velopper Ă  la suite d’un printemps humide, on veillera Ă  tondre ou Ă  gyrobroyer celle-ci. Pour la production de la truffe d’étĂ©, le travail du sol (passage de cultivateur) peut avoir lieu aprĂšs sa rĂ©colte, c’est-Ă -dire en automne.

MaĂźtrise de l'eau

La croissance de la truffe Tuber melanosporum connaĂźt une phase critique en Ă©tĂ© au moment oĂč sa croissance est la plus importante.

L’arrosage des meilleurs brĂ»lĂ©s Ă  truffes (voire de toute la plantation) est indispensable pour sauver de la sĂ©cheresse les corps fructifĂšres prĂ©sents dans le sol.

La truffe peut rĂ©sister Ă  20 Ă  30 jours de sĂ©cheresse. Il est toutefois recommandĂ© d’apporter 20 mm d’eau tous les 8 Ă  12 jours pendant les mois d’étĂ© si la pluviomĂ©trie naturelle est absente.

Si la canicule s’installe, les apports peuvent ĂȘtre plus frĂ©quents (tous les 6 Ă  8 jours). Pour la truffe de Bourgogne, l’arrosage peut se pratiquer en Ă©tĂ© dans les mĂȘmes conditions.

Taille et éclaircissage

La taille des arbres vise une forme favorisant l’ensoleillement du brĂ»lĂ© (ainsi que l’arrosage et la rĂ©colte) et au maintien d’un Ă©quilibre entre la vigueur de l’arbre hĂŽte et le champignon.

Si l’arbre pousse trop vite sans ĂȘtre taillĂ© (par exemple, sur sol profond avec arrosage), la virulence de la truffe va s’attĂ©nuer et la production disparaĂźtre. L’éclaircissage va consister Ă  prĂ©server l’espace de conquĂȘte des brĂ»lĂ©s pour la production truffiĂšre.

Lorsque le brĂ»lĂ© n’a plus d’espace Ă  conquĂ©rir entre les arbres, la production de truffes cesse. En rĂ©duisant la vigueur des arbres et en supprimant ceux qui ne produisent pas, on assure une plus grande pĂ©rennitĂ© Ă  la production.

Fertilisation, amendement, inoculation

La fertilisation est rarement pratiquée en trufficulture bien que des engrais organiques spécifiques (Fructitruf) existent dans le commerce.

Un amendement calcaire est parfois rĂ©alisĂ© surtout si le sol est calcique, voire avec un pH qui tend vers la neutralitĂ© (7) ou l’aciditĂ© (infĂ©rieur Ă  7). L’apport de spores pour une inoculation complĂ©mentaire est de plus en plus commun.

Les trufficulteurs rĂ©alisent des « piĂšges Ă  truffes » en crĂ©ant de petits puits (30 cm de profondeur et 20 cm de diamĂštre) qu’ils remplissent d’un mĂ©lange de tourbe, vermiculite, calcaire et bien sĂ»r de spores.